Une pierre incolore taillée en brillant, posée pointe en l'air sur une table en bois, au soleil, son ombre et un reflet irisé à côté

Diamant de laboratoire ou diamant synthétique : quelle différence selon la loi ?

Image d’en-tête. Photo Roman Köhler, domaine public, via Wikimedia Commons, recadrée.

Il n’y a aucune différence entre un diamant dit « de laboratoire » et un diamant synthétique, c’est la même pierre fabriquée par l’homme, et le décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 impose en France le mot « synthétique ».1 Le ministère de l’Économie a refusé de changer ce mot, et l’a confirmé au Journal officiel du 3 juin 2025.2

Ce que dit le décret de 2002

Le décret relatif au commerce des pierres gemmes et des perles est en vigueur depuis le 1er février 2002. Il s’applique aux pierres formées dans la nature, aux pierres synthétiques, aux pierres artificielles et aux imitations, quels que soient leur origine et leur provenance.1 Son article 4 ajoute un qualificatif au nom de certaines pierres. « Synthétique » vaut pour les pierres dont la fabrication a été provoquée, en tout ou en partie, par l’homme, quel que soit le procédé. Leurs propriétés physiques et chimiques, et leur structure cristalline, correspondent pour l’essentiel à celles des pierres naturelles qu’elles copient.1

Le même article nomme d’autres pierres. « Artificiel » désigne un produit cristallisé qui n’a pas d’équivalent naturel connu. « D’imitation » désigne un produit qui imite l’effet, la couleur et l’apparence d’une pierre naturelle, sans en avoir les propriétés chimiques ou physiques, ni la structure cristalline.1 « Reconstituée » vaut pour une pierre obtenue en fondant ou en agglomérant des matières naturelles. « Composite » vaut pour une pierre faite de plusieurs parties assemblées par collage.1

Trois cartes, le diamant formé dans la nature, le diamant synthétique fabriqué par l'homme avec la même structure, l'imitation qui n'a que l'apparence
Le diamant synthétique a la même structure que le diamant naturel, l’imitation n’en a que l’apparence.

Le décret interdit aussi des mots. « Élevé », « cultivé », « de culture », « vrai », « précieux », « fin », « véritable » et « naturel » ne peuvent pas désigner une pierre synthétique, artificielle ou d’imitation.1 « Semi-précieux » et « semi-fin » sont interdits pour toutes les pierres et toutes les perles.1 Il est interdit de vendre une pierre, ou même de la détenir pour la vendre, sous un autre nom que celui du décret. Ce nom figure sur l’étiquette qui accompagne le bijou, et sur tout document commercial ou publicitaire.1

Mot lu après « diamant »Pour une pierre fabriquée par l’homme
synthétiquele qualificatif que le décret impose
de laboratoire, créé en laboratoireabsent du décret, ajout refusé en 2023 et confirmé en 2025
de culture, cultivé, élevéinterdit par le décret
naturel, véritable, vrai, fin, précieuxinterdit par le décret
aucun mot, « diamant » seulinsuffisant, le qualificatif complète le nom

Le mot de votre étiquette est-il celui de la loi ?

Recopiez le mot qui suit « diamant » sur l’étiquette, la fiche du produit ou la facture.

D’où viennent ces réponses

Qualificatifs tirés de l’article 4 du décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 relatif au commerce des pierres gemmes et des perles, obligation de dénomination sur les étiquettes et les documents commerciaux tirée de son article 9, mention « traité » et fiche d’information tirées de ses articles 2 et 10. Refus de l’expression « créé en laboratoire » tiré de la réponse du ministère de l’Économie à la question écrite n° 5268, publiée au Journal officiel du 3 juin 2025. Diamants dits « de culture » relevés par la DGCCRF parmi les allégations trompeuses de son enquête sur les bijoux à pierres. Règle américaine tirée du guide de la Federal Trade Commission, 16 CFR § 23.12 et § 23.25. Un doute sur une étiquette se signale sur SignalConso, le service public de la DGCCRF.

Pourquoi le mot « synthétique » n’a pas changé

Le 25 mars 2025, la députée Olivia Grégoire a interrogé le ministre de l’Économie sur ce mot.2 Pour certains, l’appellation « synthétique » est dévalorisante auprès des consommateurs. Elle pourrait aussi désavantager les entreprises françaises face à des concurrents étrangers, qui emploient l’expression « laboratory-grown diamond ».2

La réponse a été publiée au Journal officiel du 3 juin 2025. En 2022, un fabricant de diamants synthétiques l’a demandé. La DGCCRF a alors consulté par écrit les professionnels et les associations de consommateurs, avec la direction générale des entreprises et la douane. La question portait sur un autre mot possible, comme « créé en laboratoire ».2 Près d’une quarantaine d’entreprises et d’organisations professionnelles ont répondu. Une majorité a voulu garder le décret tel qu’il est, et le ministère a décidé, à l’automne 2023, de ne pas le modifier.2

Le ministère donne ses raisons. Le texte doit informer le consommateur de façon utile et transparente, pour qu’il achète en connaissance de cause, sans risque de confusion ni de tromperie. Il vaut pour toutes les pierres et toutes les perles, et ne peut pas traiter le diamant autrement que le rubis ou l’émeraude.2 Depuis l’automne 2023, il n’y a pas eu d’évolution notable, juridique, économique ou technologique. Le ministère ne juge donc pas opportun de rouvrir le débat. Les diamants synthétiques ont, pour lui, toute leur place sur le marché, aux côtés des diamants issus de mines.2

Il juge aussi controversée l’idée qu’un diamant synthétique serait plus vertueux qu’un diamant de mine. Les installations industrielles qui les produisent consomment beaucoup d’énergie, et ces pierres ne peuvent pas être fabriquées simplement « en laboratoire ».2 Comparer les deux filières serait extrêmement complexe. Il faudrait mettre en balance tous leurs effets négatifs, et pas seulement les atteintes liées à l’extraction.2

Ce que les contrôles ont trouvé en boutique

La DGCCRF a contrôlé 264 établissements qui vendent des bijoux ornés de pierres ou de perles, horlogeries-bijouteries, ateliers, grandes surfaces et grossistes. Elle y a mené 790 actions de contrôle.3 Elle a trouvé une anomalie dans 28 % des établissements, et donné 168 avertissements et 47 injonctions.3

Le mot « diamant », valorisant, est presque toujours indiqué. Les mentions moins prestigieuses, comme celles des pierres synthétiques ou artificielles, ne le sont pas toujours.3 Parmi les allégations trompeuses relevées figurent des diamants dits « de culture » pour des diamants synthétiques, et des arguments écologiques pour les valoriser.3 Certains professionnels contournent la règle volontairement. Pour eux, l’appellation « synthétique » est trop péjorative, et ne correspond pas à la fabrication de ces pierres, proches des diamants extraits des mines.3

Hors de France, « laboratory-grown » ou « synthetic »

Aux États-Unis, la Federal Trade Commission juge trompeur de désigner une pierre fabriquée par le seul nom d’une pierre naturelle. Ce nom doit être précédé, de façon aussi visible, de « laboratory-grown », « laboratory-created », du nom du fabricant suivi de « created », ou d’une expression de même sens.4 Le mot « faux » ne suffit pas à dire que la pierre ne vient pas d’une mine. « Cultured » est admis pour un diamant fabriqué, s’il est accompagné d’une mention claire qui le dit.4

La Confédération mondiale de la bijouterie, la CIBJO, acceptait depuis 2010 « laboratory-grown », « laboratory-created » et « synthetic » pour un diamant non naturel. Ces deux expressions venaient d’un accord européen de 2009, repris dans la norme ISO 18323 en 2015.5 Le 7 septembre 2026, à Vicence, son conseil d’administration a fait de « synthetic » le seul terme pour un produit fabriqué. Ce produit a la même composition chimique, les mêmes propriétés physiques et la même structure que son équivalent naturel.6 La CIBJO reconnaît que « laboratory-grown » et « laboratory-created » sont des termes de marketing acceptés dans certains pays, où la loi nationale prime.6 La France et la Russie n’autorisent que « synthétique ». Les États-Unis et l’Inde emploient « lab-grown » ou « laboratory-grown ».7

Ces diamants sont fabriqués par une synthèse industrielle contrôlée, à haute pression et haute température, dite HPHT, ou par dépôt chimique en phase vapeur, dit CVD. Le cristal grossit pendant la fabrication, mais c’est un produit de l’ingénierie, pas de la nature.5

Frise de 2002 à 2026, le décret impose synthétique, la DGCCRF consulte en 2022, le décret ne change pas à l'automne 2023, le ministère le confirme le 3 juin 2025, la CIBJO retient synthetic en septembre 2026
Le décret de 2002 impose synthétique, et le ministère de l’Économie a refusé de le changer à l’automne 2023.

Ce qu’il faut lire sur l’étiquette et le certificat

Un bijou qui porte des pierres ou des perles est accompagné d’une description de ces pierres, avec les traitements subis et les précautions d’entretien.8 La dénomination exacte de la pierre figure sur l’étiquette qui accompagne le bijou. Cette étiquette peut être attachée par un lien, ou collée sur le présentoir, à côté du bijou. Les mêmes informations figurent pour un bijou vendu à distance.8 La masse d’une pierre se compte en carats, et un carat vaut 200 milligrammes.8

Une pierre peut être traitée par irradiation, par laser, par colorant, ou par une autre méthode qui change son apparence, sa couleur ou sa pureté. Elle porte alors la mention « traité » ou le nom du traitement.1 Le vendeur met à votre disposition, avant l’achat, une fiche qui décrit ce traitement, ses effets et les précautions d’entretien. Il vous la remet ensuite avec la facture.1 Ce qui use un bijou serti, et la façon de le nettoyer, sont détaillés dans notre article Or, argent, perles, ce qui use un bijou et comment le faire durer. Le métal de la monture s’indique par son titre, en millièmes.8 Ce titre et les poinçons sont expliqués dans notre article Or, vermeil, plaqué, doré, combien d’or garantit chaque mot.

Le GIA, institut de gemmologie américain, a créé dans les années 1940 les échelles de couleur et de pureté des diamants naturels. Il ne les emploie plus pour les diamants fabriqués.9 Plus de 95 % des diamants fabriqués qui arrivent sur le marché se situent dans une fourchette très étroite de couleur et de pureté.9 Depuis le 1er octobre 2025, il les classe « Premium » ou « Standard », d’après leur pureté, leur couleur et leur taille. Une pierre qui n’atteint pas le minimum « Standard » ne reçoit aucune appréciation.10 Le GIA grave au laser, sur le rondiste de chaque pierre, la fine tranche qui en fait le tour, la mention « Laboratory-Grown » et le numéro de l’évaluation.10 Ses anciens rapports sur les diamants fabriqués restent valables.9

Sources

Questions fréquentes

Quelle différence entre un diamant de laboratoire et un diamant synthétique ?

Il n’y a aucune différence, un diamant de laboratoire et un diamant synthétique sont la même pierre, fabriquée totalement ou partiellement par l’homme, avec pour l’essentiel les propriétés physiques, chimiques et la structure cristalline du diamant naturel. En France, le décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 impose de la désigner par le qualificatif « synthétique ». L’expression « de laboratoire » n’y figure pas.

Peut-on écrire « diamant de laboratoire » en France ?

Non, en France, une pierre fabriquée par l’homme se vend sous le qualificatif « synthétique », que le décret de 2002 impose sur l’étiquette et sur tout document commercial ou publicitaire. Le ministère de l’Économie a consulté la filière en 2022 sur l’expression « créé en laboratoire », puis décidé à l’automne 2023 de ne pas modifier le décret, ce qu’il a confirmé au Journal officiel du 3 juin 2025.

Peut-on parler de diamant de culture ou de diamant cultivé ?

Non, le décret de 2002 interdit les termes « élevé », « cultivé » et « de culture » pour désigner une pierre synthétique, artificielle ou d’imitation. Il interdit aussi « vrai », « précieux », « fin », « véritable » et « naturel » pour ces pierres. La DGCCRF a relevé des diamants dits « de culture » parmi les allégations trompeuses de son enquête sur les bijoux ornés de pierres.

Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas remplacé le mot « synthétique » ?

Le gouvernement n’a pas remplacé le mot « synthétique » parce qu’une majorité des quelque quarante opérateurs consultés en 2022 a voulu garder le décret en l’état, et que le texte vaut pour toutes les pierres et les perles, sans traiter le diamant autrement que le rubis ou l’émeraude. Le ministère de l’Économie a arbitré à l’automne 2023. Dans sa réponse du 3 juin 2025, il juge qu’aucune évolution notable ne justifie de rouvrir le débat.

Quelle différence entre un diamant synthétique et une imitation de diamant ?

Un diamant synthétique a, pour l’essentiel, les propriétés physiques, chimiques et la structure cristalline du diamant naturel, alors qu’une imitation n’en copie que l’effet, la couleur et l’apparence. Le décret de 2002 la qualifie « d’imitation ». Un produit cristallisé sans équivalent naturel connu est dit « artificiel ».

Que doit indiquer l’étiquette d’un bijou avec un diamant synthétique ?

L’étiquette d’un bijou serti d’un diamant synthétique indique la dénomination exacte de la pierre, avec le qualificatif « synthétique », et la même dénomination figure sur tout document commercial ou publicitaire. Le bijou est accompagné d’une description des pierres, de leurs traitements et des précautions d’entretien, y compris pour un achat à distance. Le métal de la monture indique son titre en millièmes.

Le diamant synthétique est-il plus écologique que le diamant de mine ?

Ce n’est pas établi, le ministère de l’Économie juge cette idée controversée, en raison des procédés très énergivores des installations industrielles qui fabriquent les diamants synthétiques. Une comparaison complète des deux filières serait extrêmement complexe, car elle devrait mettre en balance tous les effets négatifs, et pas seulement ceux de l’extraction. La DGCCRF a relevé des arguments écologiques parmi les allégations trompeuses de son enquête.