Une étiquette de composition et les quatre règles du règlement européen 1007/2011

Lire l’étiquette de composition, et ce qu’elle ne dit pas

Sur un vêtement, l’étiquette de composition est la seule information que le fabricant est obligé de donner. Tout le reste — le nom de la matière sur le portant, la photo, le discours en boutique — relève du commerce. Elle, relève du règlement.

Quelques minutes pour en comprendre les règles, et une étiquette devient lisible comme une fiche technique.

Ce que le règlement impose

L’étiquetage des textiles est encadré par le règlement européen n° 1007/2011, qui s’applique partout dans l’Union.

Les noms de fibres ne sont pas libres. Seules les dénominations d’une liste officielle peuvent être employées, et chacune est réservée à la fibre qu’elle décrit. Un fabricant ne peut pas inventer un nom de matière pour la composition — il peut l’utiliser comme nom commercial, à côté, mais pas à la place.

Toutes les fibres doivent figurer, avec leur pourcentage en poids, par ordre décroissant. C’est cet ordre qui donne l’information la plus utile d’un coup d’œil, puisque la première fibre citée est toujours la plus présente.

Une tolérance de fabrication de 3 % du poids total est admise entre ce qui est déclaré et ce qu’une analyse mesurerait. Un « 100 % coton » n’est donc pas un absolu de laboratoire, et c’est normal.

« 100 % », « pur », et ce que ces mots valent

Les mentions « 100 % », « pure » ou « tout » sont réservées aux produits composés d’une seule fibre textile. Elles ne sont pas décoratives, elles sont réglementées.

En revanche, et c’est là que la lecture demande un peu d’attention, la tolérance de 3 % sur les fibres étrangères s’applique aussi aux produits dits purs. Autrement dit, un vêtement peut porter « 100 % laine » et contenir une proportion marginale de fibres non déclarées, dans la limite admise. Ce n’est pas une tromperie, c’est la réalité industrielle d’un atelier où plusieurs matières circulent.

Le cas de la laine

Les mentions du type « laine vierge » ou « laine de tonte » ne sont pas des arguments marketing. Elles sont réservées à une laine qui n’a jamais été incorporée dans un produit fini et n’a pas subi de filature antérieure.

Un pull « 100 % laine » peut donc contenir de la laine recyclée, ce qui n’a rien de honteux. Un pull « laine vierge » n’en contient pas. La différence se voit à l’usage, sur le bouloche et sur la tenue dans le temps.

Les parties qui ne sont pas du textile

C’est la mention la moins connue, et l’une des plus utiles.

Lorsqu’un produit textile comporte des parties non textiles d’origine animale — une lanière de cuir sur un sac en toile, un col en fourrure, un empiècement en peau — la présence de ces parties doit être signalée par la phrase « Contient des parties non textiles d’origine animale ».

Si vous évitez les matières animales, c’est cette phrase qu’il faut chercher, et non la composition, qui ne les mentionne pas.

La broderie

Un détail qui explique bien des étiquettes incomplètes. Pour un produit brodé, l’étiquetage n’est obligatoire que pour les parties brodées couvrant au moins 10 % de la surface. En dessous, le fil de broderie n’a pas à être déclaré.

Ce que l’étiquette ne dira jamais

Elle donne la nature des fibres. Elle ne donne rien d’autre, et c’est pourquoi deux vêtements à composition identique peuvent n’avoir rien en commun.

  • La qualité de la fibre. Un coton à fibres longues et un coton ordinaire s’écrivent tous deux « coton ».
  • La finesse du fil et la densité du tricot, qui décident de la tenue et de la transparence bien plus que le pourcentage.
  • Les finitions et les traitements, qui changent le toucher du premier lavage et parfois son comportement dans la durée.
  • Le pays et les conditions de fabrication, qui relèvent d’autres mentions, facultatives pour l’essentiel.

Autrement dit, la composition est un filtre, pas un verdict. Elle élimine ce qui ne vous convient pas, elle ne garantit pas ce qui vous conviendra.

Lire une étiquette en trente secondes

  • La première fibre citée donne le caractère du vêtement, puisqu’elle est la plus présente.
  • Un pourcentage sous 5 % est presque toujours fonctionnel. L’élasthanne pour le confort, une fibre technique pour la tenue. Il ne change pas la nature du vêtement.
  • Une composition à quatre fibres ou plus signale souvent un tissu recherché pour son prix de revient plutôt que pour sa durée.
  • La mention sur les parties animales, si elle est présente, se trouve à part, pas dans la composition.
  • L’entretien se lit avec, parce qu’une belle matière mal entretenue vieillit mal. Les symboles ne sont pas obligatoires en France, mais quand ils y sont, ils engagent.

Une étiquette absente ou fantaisiste

Elle doit être présente et lisible au moment de la vente, en français, et solidement fixée au produit. Une étiquette qui emploie un nom de fibre qui ne figure pas sur la liste officielle, ou qui annonce une composition manifestement incompatible avec le toucher, est un signal.

Dans ce cas, la question au vendeur est légitime, et un commerçant sérieux y répondra. En cas de doute sérieux sur une pratique, la DGCCRF reçoit les signalements des consommateurs.

Sources

Questions fréquentes

Que veut dire exactement « 100 % coton » ?

Que le produit est composé d’une seule fibre textile, le coton. Les mentions « 100 % », « pure » et « tout » sont réservées à ce cas par le règlement européen 1007/2011. Une tolérance de fabrication de 3 % du poids total reste admise sur les fibres étrangères non déclarées, y compris pour les produits dits purs.

Pourquoi l’ordre des fibres compte-t-il sur l’étiquette ?

Parce qu’il est imposé. Toutes les fibres doivent figurer avec leur pourcentage en poids, par ordre décroissant. La première citée est donc toujours la plus présente, et c’est elle qui donne son caractère au vêtement.

Quelle différence entre laine et laine vierge ?

Les mentions comme « laine vierge » ou « laine de tonte » sont réservées à une laine qui n’a jamais été incorporée dans un produit fini et n’a pas subi de filature antérieure. Un pull « 100 % laine » peut donc contenir de la laine recyclée, ce qui est parfaitement légal, et la différence se voit surtout sur le bouloche et la tenue dans le temps.

Comment savoir si un vêtement contient du cuir ou de la fourrure ?

Par une mention à part, et non par la composition. Le règlement impose d’indiquer la présence de parties non textiles d’origine animale par la phrase « Contient des parties non textiles d’origine animale ». C’est cette phrase qu’il faut chercher, une lanière de cuir ou un col en fourrure n’apparaissant pas dans les pourcentages de fibres.

Un fabricant peut-il inventer un nom de matière ?

Pas pour la composition. Seules les dénominations d’une liste officielle peuvent décrire la composition en fibres, et chacune est réservée à la fibre qu’elle désigne. Un nom commercial peut figurer à côté, jamais à la place.

Pourquoi le fil de broderie n’apparaît-il pas toujours ?

Parce que pour un produit brodé, l’étiquetage n’est obligatoire que pour les parties brodées couvrant au moins 10 % de la surface du produit. En dessous de ce seuil, le fil n’a pas à être déclaré.

La composition dit-elle quelque chose de la qualité ?

Très peu. Elle donne la nature des fibres, pas leur qualité. Un coton à fibres longues et un coton ordinaire s’écrivent tous deux « coton ». La finesse du fil, la densité du tricot et les finitions décident de la tenue bien plus que les pourcentages. La composition est un filtre, pas un verdict.

Que faire si l’étiquette est absente ou douteuse ?

Elle doit être présente, lisible, en français et solidement fixée au moment de la vente. Un nom de fibre absent de la liste officielle, ou une composition manifestement incompatible avec le toucher, justifie une question au vendeur. En cas de doute sérieux sur une pratique, la DGCCRF reçoit les signalements des consommateurs.