Quatre coupes de bijoux côte à côte, l'épaisseur de la couche d'or diminuant de l'or massif au doré

Or, plaqué, vermeil, doré : ce que ces mots veulent dire légalement

Sur une vitrine ou une fiche produit, quatre bijoux peuvent se ressembler et ne pas engager du tout la même chose. « Or 18 carats », « plaqué or », « vermeil », « doré ». Ces mots ne sont pas des arguments de vente laissés à l’appréciation du vendeur. Ce sont des appellations réglementées, chacune adossée à un seuil chiffré, et l’écart entre la première et la dernière se mesure en microns.

Comprendre cette grille prend dix minutes. Elle sert ensuite toute une vie d’achats.

Le titre, et pourquoi les carats ont disparu

Un métal précieux pur est trop malléable pour faire un bijou qui tienne. L’or, l’argent et le platine sont donc alliés à des métaux communs, et c’est la proportion de métal précieux qui définit le titre de la pièce.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 1995, ce titre s’exprime en millièmes et non plus en carats. Un or à 750 millièmes est constitué à 75 % d’or pur. C’est exactement ce qu’on appelait 18 carats, dit autrement, et de façon plus lisible.

La couleur, elle, vient du reste de l’alliage. Un or jaune à 750 millièmes associe 75 % d’or pur, 12,5 % de cuivre et 12,5 % d’argent fin. En faisant varier ces proportions, on obtient de l’or blanc, rose, rouge, vert ou bleu. Un or rose n’est donc pas un or de moindre qualité, c’est le même titre avec une autre recette.

Les seuls titres autorisés

Un bijou ne peut porter la dénomination du métal que s’il correspond à l’un des titres légaux.

| Métal | Titres autorisés, en millièmes | |—|—| | Or | 999 · 916 · 750 · 585 · 375 | | Argent | 999 · 925 · 800 | | Platine | 999 · 950 · 900 · 850 |

Au stade de la vente, l’appellation « or » suppose au minimum 375 millièmes, soit 9 carats. Pour l’argent, le seuil est de 800 millièmes, pour le platine de 850.

Un bijou vendu comme « or 375 » est donc bien en or au sens de la loi, même s’il contient 62,5 % d’autres métaux. Ce n’est pas une tromperie, c’est un alliage plus dur et moins cher, qui a ses usages. Ce qui compte est que le titre soit écrit.

Plaqué, doublé, vermeil : une épaisseur, pas une impression

Ces trois mots désignent un bijou dont le cœur n’est pas en métal précieux, mais qui en est recouvert. L’appellation n’est permise qu’à deux conditions. La couche doit être d’un métal précieux titrant au moins 500 millièmes, et la pièce doit porter un poinçon spécial du fabricant.

S’y ajoute une épaisseur minimale, et c’est elle qui fait toute la différence à l’usage.

  • 3 microns pour un bijou en plaqué ou doublé d’or ou de platine
  • 5 microns pour le vermeil, c’est-à-dire un bijou en argent recouvert d’une couche d’or titrant au moins 750 millièmes
  • 10 microns pour le métal argenté

Le vermeil occupe une place à part. Ce n’est ni de l’or massif ni un placage ordinaire, c’est de l’argent véritable sous une couche d’or plus épaisse que celle d’un plaqué. Pour qui cherche l’aspect de l’or avec un budget d’argent, c’est souvent le meilleur compromis.

Doré et platiné : en dessous du seuil

C’est ici que se joue la confusion la plus fréquente.

Lorsque la couche de métal précieux est inférieure à 3 microns, le bijou ne peut plus être vendu comme plaqué. Il ne peut l’être que sous la dénomination « doré » ou « platiné ».

Un bijou doré est donc, par définition, moins couvert qu’un bijou plaqué. Il a parfaitement sa place dans une collection, à condition de savoir qu’on l’achète pour un porté occasionnel plutôt que pour une alliance portée tous les jours. Le mot sur l’étiquette vous dit lequel des deux vous avez entre les mains.

Les poinçons, et ce qu’ils garantissent

La proportion de métal précieux ne se voit pas à l’œil. C’est pourquoi un ouvrage en métal précieux porte deux marques distinctes, de très petite taille, qu’on repère souvent sur un fermoir ou à l’intérieur d’un anneau.

Le poinçon de garantie atteste du titre. Il est apposé soit par l’administration des douanes, soit par les professionnels sous le contrôle de l’État, et sa fabrication relève de la seule Monnaie de Paris. Sa contrefaçon est une infraction pénale. Depuis peu, le marquage au laser est admis à côté du poinçon mécanique, toujours sous contrôle douanier.

Le second est le poinçon de maître, en forme de losange, pour le fabricant. Pour un importateur, il prend la forme d’un ovale et s’appelle poinçon de responsabilité. C’est à la fois une signature et un engagement, et c’est lui qui permet d’identifier le professionnel derrière la pièce.

Un bijou en plaqué ou en vermeil porte lui aussi un poinçon, celui du fabricant. L’absence totale de marque sur une pièce vendue comme précieuse mérite une question au vendeur, qui a toutes les raisons d’y répondre.

Le bijou fantaisie a ses propres règles

Un bijou fantaisie ne contient ni métal précieux, ni pierre précieuse, ni perle. Il est fait d’acier, d’aluminium, de cuivre, de verre, de bois, de corne, d’os ou de liège, seuls ou combinés.

Il n’a pas de titre, puisqu’il n’y a rien à titrer, mais il n’échappe pas à l’information du public. Trois mentions sont obligatoires : le prix affiché, la dénomination du produit et les principaux matériaux utilisés. Une fiche produit qui se contente de « métal doré », sans dire quel métal ni quelle finition, reste en deçà de ce qu’elle doit.

L’acier inoxydable mérite une mention particulière. Il n’est pas un métal précieux et ne prétend pas l’être, mais sa résistance et sa stabilité au contact de la peau en font un excellent choix pour un bijou porté en continu.

Ce que l’étiquette doit dire sur la sécurité

Deux substances font l’objet de restrictions précises, et elles expliquent bien des réactions cutanées.

Le cadmium est interdit dès lors que sa concentration atteint 0,01 % du poids de métal, dans les perles métalliques comme dans les parties métalliques des bijoux et des accessoires pour cheveux.

Le nickel est encadré par un taux de libération, et non par une interdiction pure. Il est proscrit dans les tiges introduites dans une oreille ou une autre partie percée du corps lorsque ce taux dépasse 0,2 microgramme par centimètre carré et par semaine. Pour les articles en contact direct et prolongé avec la peau, boucles d’oreilles, colliers, bracelets, bagues, boîtiers et fermoirs de montre, le seuil est de 0,5 microgramme.

Si un bijou provoque régulièrement des rougeurs au même endroit, le nickel est une piste sérieuse. Un bijoutier saura dire ce que contient l’alliage, et un professionnel de santé reste l’interlocuteur pour une réaction qui persiste.

Et si le bijou porte une pierre ou une perle

Un bijou qui comporte une pierre gemme ou une perle doit être accompagné d’une description de ces éléments. Cette description inclut les traitements que la pierre a subis et les précautions d’entretien qu’elle demande.

C’est une information que peu d’acheteurs réclament et qui change pourtant beaucoup de choses. Une pierre traitée n’est pas une pierre fautive, mais elle ne se nettoie pas comme une pierre brute et ne vieillit pas de la même manière.

La grille, en une minute

Avant d’acheter, quatre questions suffisent à savoir ce qu’on a devant soi.

  • Le titre est-il écrit, en millièmes ? S’il s’agit d’un métal précieux, il doit l’être.
  • Le mot employé est-il « plaqué » ou « doré » ? Trois microns séparent les deux, et ce n’est pas le même usage.
  • S’il s’agit de vermeil, l’argent est-il bien annoncé comme support ? Le vermeil est de l’argent, recouvert d’or.
  • Pour un bijou fantaisie, les matériaux principaux sont-ils nommés ? C’est obligatoire, et c’est ce qui permet d’anticiper une allergie.

Aucune de ces mentions ne dit si un bijou est beau, ni s’il vous ira. Elles disent seulement ce qu’il est. C’est déjà beaucoup, et c’est ce que le vendeur doit pouvoir confirmer sans hésiter.

Sources

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un bijou plaqué or et un bijou doré ?

L’épaisseur de la couche d’or. L’appellation « plaqué » suppose une couche d’au moins 3 microns, d’un or titrant au minimum 500 millièmes, et la pièce doit porter un poinçon spécial du fabricant. En dessous de 3 microns, le bijou ne peut être vendu que sous la dénomination « doré ». Les deux sont légitimes, mais ils ne tiennent pas le même usage dans le temps.

Le vermeil, est-ce de l’or ou de l’argent ?

Les deux, dans cet ordre. Le vermeil est un bijou en argent, à un titre légal, recouvert d’une couche d’or titrant au moins 750 millièmes et épaisse d’au moins 5 microns. Le support est donc de l’argent véritable, et la couche d’or y est plus épaisse que sur un plaqué ordinaire.

Un bijou en or 375 millièmes est-il vraiment en or ?

Oui, au sens de la réglementation. Les titres autorisés pour l’or sont 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes, et l’appellation « or » est permise à partir de 375 millièmes, soit 9 carats. Un or 375 contient 37,5 % d’or pur et 62,5 % d’autres métaux, ce qui en fait un alliage plus dur et moins coûteux. L’essentiel est que le titre soit indiqué.

Pourquoi ne parle-t-on plus de carats sur les étiquettes ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 1995, le titre des ouvrages en métaux précieux s’exprime en millièmes et non plus en carats. Le but est la lisibilité. Un or à 750 millièmes se comprend immédiatement comme 75 % d’or pur, là où « 18 carats » demandait une conversion. Les deux désignent la même chose.

Un or rose ou un or blanc vaut-il moins qu’un or jaune ?

Pas à titre égal. La couleur vient des métaux associés à l’or dans l’alliage, pas de la quantité d’or. Un or jaune à 750 millièmes mêle 75 % d’or pur, 12,5 % de cuivre et 12,5 % d’argent fin. En modifiant ces proportions, on obtient du blanc, du rose, du rouge, du vert ou du bleu, toujours à 750 millièmes.

Comment reconnaître un bijou en métal précieux ?

À ses poinçons, de très petite taille, souvent sur un fermoir ou à l’intérieur d’un anneau. Le poinçon de garantie atteste du titre et relève de la Monnaie de Paris, sa contrefaçon étant une infraction pénale. Le poinçon de maître, en losange, identifie le fabricant, et celui de responsabilité, en ovale, l’importateur. Une pièce vendue comme précieuse et dépourvue de toute marque mérite une question au vendeur.

Que doit indiquer l’étiquette d’un bijou fantaisie ?

Trois choses au minimum : le prix, la dénomination du produit et les principaux matériaux utilisés. Un bijou fantaisie ne contient ni métal précieux, ni pierre précieuse, ni perle, et n’a donc pas de titre. Mais une mention aussi vague que « métal doré », sans préciser le métal support ni la finition, reste en deçà de l’obligation d’information.

Mon bijou me provoque des rougeurs, est-ce le nickel ?

C’est une piste fréquente. Le nickel n’est pas interdit, il est encadré par un taux de libération. Il est proscrit au-delà de 0,2 microgramme par centimètre carré et par semaine dans les tiges introduites dans une partie percée du corps, et au-delà de 0,5 microgramme pour les articles en contact direct et prolongé avec la peau. Un bijoutier peut dire ce que contient l’alliage, et une réaction qui persiste relève d’un professionnel de santé.

Faut-il une information particulière quand le bijou porte une pierre ?

Oui. Un bijou comportant une pierre gemme ou une perle doit être accompagné d’une description de ces éléments, incluant les traitements qu’ils ont subis et les précautions d’entretien à respecter. Une pierre traitée n’a rien de fautif, mais elle ne se nettoie pas comme une pierre brute.